Les formations essentielles pour se lancer comme primatologue

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Job/Mon Journal Animal #2. Plus tard, j’aimerais être primatologue. Amandine Renaud est primatologue, étudie les singes dans les forêts primaires d’Afrique, et a même créé une association pour les aider. Mon journal animalier vous a posé quelques questions :

Bonjour Amandine, pourriez-vous nous expliquer les différents aspects de la profession de primatologue ?

Le métier de primatologue, c’est avant tout une vie consacrée à observer les grands singes. Certains étudient leur comportement dans des parcs animaliers, d’autres, comme moi, suivent des groupes entiers au cœur de la jungle. Pour ma part, j’observe les chimpanzés et les ascagna cercopithèques dans les forêts profondes de la République Démocratique du Congo. Concrètement, nos journées se déroulent à la lisière de l’invisible : on piste, carnet en main, on note chaque interaction, chaque cri, chaque jeu, parfois sans voir autre chose qu’une ombre entre les feuilles.

Ce quotidien n’a rien d’un long fleuve tranquille. Repérer un singe perché à vingt mètres de haut, différencier un comportement de curiosité d’un signe d’agacement, tout cela demande patience et attention. Et puis, il y a la réalité du terrain : humidité constante, boue, chaleur, insectes. Mais ce qui me pousse, c’est aussi ce combat permanent pour protéger les singes menacés par le braconnage et la disparition de leur milieu naturel. Défendre les primates, ça veut dire s’attaquer aux causes de la chasse et de la déforestation, deux périls qui mettent leur survie en jeu.

Amandine et Mongo, ancien pensionnaire du refuge pour chimpanzés.

Sikila, une ascagna cercopithec. Le refuge P-WAC en République démocratique du Congo.

Amandine et les éco-gardes.

Le logo de l’association P-WAC.

Une cercopithèque fait preuve d’agilité.

Amandine et une partie de l’équipe du refuge.
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Quelles qualités avez-vous besoin pour devenir primatologue ?

La liste est longue. D’abord, il faut accepter de s’éloigner de tout ce qui rassure : la famille, les amis, le confort élémentaire. En forêt, l’eau courante et l’électricité deviennent des souvenirs. Sur le terrain, la routine se résume à de longues marches dans la végétation, à traverser des zones marécageuses, à affronter les imprévus, qu’il s’agisse d’une rencontre avec un éléphant ou d’un orage soudain. Le métier demande aussi une certaine résistance physique et beaucoup de sang-froid.

Mais la compétence la plus précieuse, c’est l’ouverture. Impossible de travailler en brousse sans dialoguer avec les populations locales. Pour protéger les primates, il faut comprendre les besoins de ceux qui vivent autour : trouver des solutions en commun, c’est la seule voie pour que les humains et les singes puissent cohabiter sans heurts.

Comment devenir un primatologue ?

Aucune filière dédiée n’existe encore en France. Pour ma part, j’ai franchi la Manche et décroché un master en primatologie en Angleterre. Ce parcours n’est ni simple ni très répandu. Les places sont rares, les débouchés, limités. Beaucoup de primatologues commencent par des études en biologie, en éthologie ou en médecine vétérinaire. Ces cursus permettent de s’orienter vers l’étude des singes, voire de s’engager dans la conservation sur le terrain.

Vous avez décidé de créer votre propre association : P-WAC. Pourquoi ?

Observer les singes, c’est fascinant. Mais très vite, j’ai ressenti le besoin d’agir, de ne pas rester spectatrice. Les menaces qui pèsent sur eux sont multiples : trafic pour la viande, captures pour la captivité, destruction massive des forêts. Face à ça, j’ai cofondé P-WAC, un centre de réhabilitation pour les primates victimes du braconnage. Notre mission ? Leur réapprendre à vivre dans leur habitat d’origine pour qu’ils retrouvent un jour la liberté. C’est un travail de longue haleine, fait de patience et de petites victoires, quand un singe reprend ses marques dans la forêt.

Avez-vous une forte mémoire de votre profession de primatologue ?

Je me souviens d’un instant suspendu : une femelle chimpanzé, que j’avais accompagnée vers la liberté, a mis bas. Un matin, elle est descendue tout près de moi, son petit dans les bras. Elle me l’a confié quelques secondes, comme un geste de reconnaissance. Puis elle l’a repris, et s’est éloignée calmement pour lui montrer le chemin de la vie sauvage. Difficile d’oublier ce genre de moment : il résume tout ce que ce métier peut offrir, entre lien unique et transmission fragile.

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