Quitter un CDI pour une formation : quelles conséquences et démarches à suivre ?

On ne quitte pas un CDI sur un coup de tête, surtout quand l’idée de reprendre le chemin des bancs de l’école, ou d’un centre de formation, s’impose. Pourtant, chaque année, des Français franchissent ce cap : ils démissionnent pour se former, misant sur la Loi Avenir professionnel de 2019, qui a levé des barrières et dessiné de nouveaux parcours. Parmi les promesses : la possibilité de conserver ses droits à l’assurance chômage, à condition de ne rien laisser au hasard et de suivre la procédure avec une rigueur de funambule. Les démarches, du préavis à l’inscription chez France Travail, réclament anticipation et précision. Le choix du dispositif, la solidité du projet de formation, la qualité de l’accompagnement : autant de leviers qui feront ou déferont la réussite de cette transition.

Changer de voie professionnelle : pourquoi envisager la démission pour une formation ?

Opter pour la formation en quittant un CDI n’a rien d’une lubie. C’est souvent la réponse à un climat professionnel qui ne fait plus écho, à une ambition d’évoluer, ou à cette pulsion de réinventer sa vie. La reconversion professionnelle n’est plus l’exception : elle s’impose, portée par l’envie d’apprendre, la nécessité de rebondir ou tout simplement la volonté de s’aligner avec soi-même. Pour beaucoup, l’idée germe après des années à tourner en rond, ou face à un secteur qui se transforme à grande vitesse.

Les raisons de tout lâcher pour un projet professionnel sont diverses. Un salarié peut vouloir s’arracher à une routine, viser un secteur en pleine expansion, ou acquérir des compétences neuves. Certains espèrent concrétiser un vieux rêve, d’autres s’adaptent à la montée en puissance des métiers spécialisés. Le projet de reconversion se construit alors étape par étape, bien souvent avec l’aide d’un conseil en évolution professionnelle. Ce regard extérieur éclaire, challenge, sécurise.

Il existe aujourd’hui plusieurs dispositifs pour soutenir ce virage, avec chacun leur logique : le CPF permet de financer une formation ciblée, le PTP (projet de transition professionnelle) garantit une rémunération partielle pendant le temps de la formation, et l’accompagnement des opérateurs Transitions Pro balise le chemin. Le choix se fait selon la maturité du projet, le profil du salarié, la formation visée.

Tout quitter pour se reconvertir n’a rien d’anodin. Cela suppose une réflexion poussée, un regard lucide sur les opportunités, et la constitution d’un dossier argumenté. Préparer sa transition professionnelle, c’est s’informer précisément sur les formations accessibles, jauger les perspectives d’emploi, et mobiliser au maximum les ressources qui existent pour avancer sans trop de risques.

Quelles sont les conditions à remplir pour quitter un CDI et se former ?

Une reconversion à partir d’un CDI ne s’improvise pas. La démarche est encadrée par le dispositif de démission-reconversion, qui pose des critères clairs pour ouvrir droit au chômage. Première condition : avoir cumulé au moins cinq années d’activité continue sous CDI, chez un ou plusieurs employeurs, sur les soixante derniers mois. Ce seuil distingue les projets mûris des envies fugitives.

Le projet présenté doit aller au-delà d’un simple changement d’air. Il s’agit d’une véritable reconversion ou d’une création/reprise d’entreprise. L’accompagnement par un conseil en évolution professionnelle (CEP) est alors indispensable. Le passage par ce conseiller est obligatoire : il s’agit de valider la pertinence du projet, d’en jauger la cohérence, de vérifier sa faisabilité.

Plusieurs étapes jalonnent la constitution du dossier :

  • Un bilan de compétences ou une validation des acquis de l’expérience (VAE) peuvent asseoir la crédibilité du projet.
  • Le dossier doit être soumis à la commission régionale du projet de transition professionnelle, qui se prononce sur la solidité du parcours envisagé.

Ce parcours de démission pour reconversion implique une coordination entre le salarié, l’employeur et des organismes dédiés comme Transitions Pro. Cette logique garantit un certain niveau de sécurité et d’accompagnement, tout en facilitant l’accès à la formation et aux aides financières prévues.

Les démarches essentielles pour démissionner en vue d’une reconversion

Quitter son CDI pour se former ne s’improvise pas : chaque étape compte. D’abord, il faut solliciter un conseil en évolution professionnelle (CEP), service public accessible à tous. Ce conseiller aide à clarifier le projet, à évaluer les compétences, à imaginer des scénarios et à vérifier la viabilité de la transition. Prendre contact avec Transitions Pro, l’Apec ou Cap emploi permet d’entamer ce travail de fond.

Une fois le projet de reconversion défini, il s’agit de déposer un dossier détaillé auprès de Transitions Pro de sa région. Ce dossier doit expliquer le choix de la formation, démontrer sa cohérence avec le parcours, et justifier la pertinence du virage professionnel. La commission régionale évalue alors la crédibilité du projet et, le cas échéant, autorise son financement.

La démission ne s’effectue qu’après validation officielle du projet. Il faut respecter le préavis prévu par le contrat de travail, et notifier l’employeur par lettre recommandée en précisant la raison : départ pour suivre une formation.

Une fois le contrat terminé, l’inscription chez France Travail (ex-Pôle emploi) doit être faite rapidement pour activer les droits au chômage. Le compte personnel de formation (CPF) peut alors être mobilisé pour régler tout ou partie de la formation choisie.

Voici les étapes à ne pas négliger :

  • Entretien approfondi avec un conseiller CEP
  • Dépôt et instruction du dossier auprès de Transitions Pro
  • Notification de l’employeur et respect du délai de préavis
  • Inscription chez France Travail pour bénéficier du chômage

Conséquences, droits et aides : ce qu’il faut savoir avant de franchir le pas

Prendre la décision de quitter un CDI pour une formation, c’est accepter de bouleverser son parcours. Si toutes les conditions sont réunies, la démission pour reconversion ouvre droit à l’assurance chômage : le projet doit cependant être reconnu comme sérieux et réel par la commission compétente. Sans cette validation, pas d’ouverture du droit à l’allocation de retour à l’emploi (ARE).

Cette transition soulève des questions concrètes. Comment assurer le maintien de ses ressources, garder la couverture sociale, financer la formation ? Le compte personnel de formation (CPF) permet de prendre en charge tout ou partie du coût pédagogique. Le projet de transition professionnelle (PTP), s’il est accepté, offre la possibilité de conserver un revenu pendant la formation et de voir la formation prise en charge.

Concrètement, le salarié peut bénéficier de plusieurs dispositifs :

  • Assurance chômage : accessible dès lors que le projet est validé et que l’inscription à France Travail est faite dans les temps.
  • Maintien de certains droits : la portabilité de la mutuelle d’entreprise ou de la prévoyance peut être maintenue selon les accords en vigueur.
  • Accompagnement : France Travail propose un suivi sur mesure pour préparer le retour à l’emploi après la formation.

À noter : la rupture conventionnelle reste une option pour quitter un CDI, mais elle relève d’une autre procédure et n’ouvre pas droit au dispositif démission-reconversion. Avant de franchir le pas, il est nécessaire de s’assurer de la cohérence du projet, d’en mesurer les enjeux financiers, et de bien vérifier quels droits seront ouverts après la démission.

Changer de trajectoire ne se limite plus à un pari risqué : avec le bon accompagnement et une préparation solide, la reconversion par la formation devient un tremplin. À chacun d’oser, de préparer, et de tracer sa nouvelle route professionnelle.

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